Hébergement web gratuit pour WordPress : ce que vaut chaque option

Hébergement web gratuit pour WordPress, comparatif des offres

Vous voulez lancer un site WordPress sans sortir la carte bleue. C’est un réflexe sain quand on teste une idée, un blog perso ou un mini-site pro. Le problème : la plupart des offres d’hébergement web gratuit trainent des limites que personne ne vous explique avant l’inscription. Ce guide passe en revue les solutions réellement utilisables pour WordPress en [year], leurs contraintes techniques, ce que vous gagnez, ce que vous perdez, et à quel moment il devient plus rentable de basculer vers un hébergement payant à quelques euros par mois.

L’essentiel à retenir ℹ️

L’hébergement web gratuit pour WordPress couvre deux univers à ne pas confondre : les plateformes fermées comme WordPress.com Free (sous-domaine, pubs imposées, pas de plugins) et les mutualisés gratuits comme InfinityFree, AwardSpace ou 000webhost qui acceptent WordPress.org avec votre domaine. Tous fournissent SSL gratuit et installation automatique, mais aucun ne garantit sauvegardes, performances stables ni support sérieux. Utile pour apprendre, tester, valider une idée. Dès que vous visez du SEO, du trafic régulier ou de la vente, il faut basculer vers un mutualisé payant à 3-5 € par mois.

Ce que recouvre vraiment un hébergement gratuit pour WordPress

Avant de comparer les offres, il faut séparer deux familles. La première : les plateformes hébergées comme WordPress.com, qui vous donnent un site clé en main mais bridé. La seconde : les hébergeurs mutualisés gratuits qui vous fournissent un cPanel, une base MySQL et un FTP, à charge pour vous d’installer WordPress.org. Les deux portent le mot « gratuit », mais ne rendent pas le même service. Pour comprendre la mécanique générale (serveur, DNS, base de données) avant de choisir, l’article comment fonctionne réellement un hébergement web pose les bases.

Si vous comptez monétiser, installer des plugins tiers ou choisir librement votre thème, la première famille est trop fermée. Si vous débutez et que vous cherchez juste à publier vite sans toucher au technique, elle suffit. Pour comprendre la différence entre les deux univers WordPress, l’article Comment héberger son site WordPress détaille le découpage WordPress.com / WordPress.org.

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Les principales offres d’hébergement WordPress gratuit

WordPress.com (plan Free)

WordPress.com est édité par Automattic, l’entreprise derrière le moteur WordPress lui-même. Le plan gratuit donne un sous-domaine du type monsite.wordpress.com, 1 Go de stockage, un thème imposé dans une sélection limitée et des publicités affichées par WordPress.com sur vos pages. Vous ne pouvez pas installer de plugins, ni modifier le PHP, ni accéder au FTP. C’est un blog vitrine, pas un terrain de jeu.

Pour qui ? Un blog personnel ou un site événement très court. Dès que vous voulez un plugin SEO sérieux, un formulaire de contact poussé ou WooCommerce, il faut passer au plan payant (et donc autant comparer avec un vrai mutualisé).

InfinityFree

InfinityFree est un mutualisé gratuit qui propose un espace disque annoncé comme illimité, une base MySQL, un cPanel allégé et la possibilité de brancher votre propre nom de domaine. Le moteur fonctionne sur l’infrastructure d’iFastNet. WordPress s’installe via Softaculous en quelques clics. La limite réelle : pas de support technique digne de ce nom, pas de cron jobs côté plan gratuit, et l’IP est partagée avec des milliers d’autres comptes — gênant côté délivrabilité email et parfois côté référencement.

L’autre point à connaître : InfinityFree applique des quotas EP (entry processes) et inodes. Un site WordPress chargé en plugins ou un coup de trafic ponctuel peut faire sauter le quota et renvoyer une erreur 508. Pour un projet de test, c’est utilisable. Pour un site qu’on veut voir grandir, ça coince vite.

AwardSpace

AwardSpace propose un plan gratuit avec 1 Go d’espace, 5 Go de bande passante mensuelle, une base MySQL et un installateur WordPress automatique. L’interface est claire, l’installation est rapide, le support est réactif sur les questions de base. Le ratio espace/qualité est correct pour un mini-site, mais les 5 Go de trafic plafonnent vite si vous publiez régulièrement.

000webhost (Hostinger)

000webhost est la branche gratuite de Hostinger. Vous obtenez 300 Mo de stockage, 3 Go de bande passante, une base MySQL et un éditeur de fichiers en ligne. L’avantage : vous restez dans l’écosystème Hostinger, donc le passage à une offre payante se fait sans migrer. La contrepartie : pas de domaine personnalisé sur le plan gratuit, et le compte est suspendu après 7 jours d’inactivité (il faut se reconnecter pour le réveiller).

Récapitulatif comparatif

OffreStockageBande passanteDomaine persoPlugins libresPubs imposées
WordPress.com Free1 GoIllimitéeNonNonOui
InfinityFree« Illimité »« Illimitée »OuiOuiNon
AwardSpace1 Go5 Go/moisOui (1 domaine)OuiNon
000webhost300 Mo3 Go/moisNon (gratuit)OuiNon

Sécurité : ce qui est couvert, ce qui ne l’est pas

Le SSL gratuit, devenu un standard

Tous les hébergeurs cités fournissent un certificat SSL gratuit (Let’s Encrypt ou équivalent) activable en un clic. C’est devenu la norme depuis que Chrome marque les sites HTTP comme « non sécurisé ». Sans SSL, votre site perd toute crédibilité et tout positionnement Google. Vérifiez bien que le certificat couvre votre domaine personnalisé si vous en branchez un.

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Les sauvegardes : presque toujours à votre charge

Sur les offres gratuites, les sauvegardes automatiques côté serveur sont rares. WordPress.com Free sauvegarde la base, mais vous ne pouvez pas la télécharger librement. InfinityFree, AwardSpace et 000webhost ne garantissent rien. La règle simple : installez UpdraftPlus ou un équivalent côté WordPress et envoyez vos backups vers un Google Drive ou Dropbox. Si l’hébergeur ferme votre compte du jour au lendemain (ça arrive sur les plans gratuits), vous gardez vos fichiers.

Sécurité applicative : votre responsabilité

Aucun hébergeur gratuit n’inclut de pare-feu applicatif (WAF), de scan malware proactif ou de protection anti-bruteforce sérieuse. Vous devez la mettre en place côté WordPress avec un plugin dédié. Les références du marché sont détaillées dans les meilleurs plugins de sécurité pour WordPress. Le minimum vital : limiter les tentatives de connexion, masquer la version de WordPress, et activer la double authentification WordPress sur le compte admin.

Performance : à quoi vous attendre côté vitesse

Un hébergement gratuit partage ses ressources entre des centaines, parfois des milliers de comptes. Concrètement, le TTFB (temps de réponse serveur) tombe régulièrement entre 800 ms et 2 secondes, là où un mutualisé payant correct tient sous 300 ms. Pour un blog avec 50 visites par jour, ça reste vivable. Pour un site qui vise du SEO sérieux, c’est rédhibitoire : Google pénalise les pages lentes via les Core Web Vitals.

Quelques leviers tiennent le coup même en gratuit : un thème léger (Astra, GeneratePress, le thème par défaut Twenty Twenty-Five), un plugin de cache comme WP Super Cache, et une optimisation des images en WebP. La méthode complète est décrite dans comment optimiser la vitesse d’un site WordPress.

Quand l’hébergement gratuit n’est plus suffisant

Plusieurs signaux montrent qu’il est temps de basculer vers un hébergement payant :

  • vous dépassez régulièrement le quota de bande passante en milieu de mois ;
  • votre site reçoit des erreurs 508, 503 ou 522 plusieurs fois par semaine ;
  • vous voulez des emails professionnels sur votre domaine (contact@monsite.fr) ;
  • vous installez WooCommerce ou un membership, qui demandent du PHP performant et des cron jobs ;
  • vous tenez à supprimer les pubs imposées par la plateforme ;
  • vous avez besoin d’un vrai support technique en français.

À ce stade, un mutualisé à 3-5 € par mois change radicalement l’expérience. Pour comparer les offres et choisir, l’article quel hébergement pour son site internet sert de point de départ, et les 3 meilleurs hébergeurs à privilégier pour son site WordPress donne une short-list assumée. Si vous montez une boutique, le comparatif des meilleurs hébergements e-commerce cible les besoins WooCommerce. Pour un site engagé côté empreinte carbone, voyez aussi comment choisir un hébergeur web vraiment vert.

Migrer plus tard sans casser son SEO

Le piège classique : vous démarrez sur monsite.wordpress.com ou sur un sous-domaine InfinityFree, vous gagnez en notoriété, et vous voulez migrer. Si vous n’avez pas anticipé, vous perdez les liens entrants, les positions Google et l’historique des URL. Trois règles simples pour éviter le crash :

  • achetez votre nom de domaine dès le début (10 € par an), même si vous le branchez sur un hébergement gratuit ; le jour de la migration, vous transférez juste l’hébergement ;
  • exportez régulièrement le contenu via Outils > Exporter dans WordPress, ça crée un XML réimportable ailleurs ;
  • au moment du basculement, mettez en place des redirections 301 entre les anciennes et nouvelles URL si la structure change.
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Sur WordPress.com Free, c’est plus contraignant : pas d’export complet du thème ni des données de plugins (puisqu’il n’y en a pas). Vous récupérez les articles, les pages, les commentaires et les médias, ce qui couvre l’essentiel pour reconstruire ailleurs.

Verdict pratique

L’hébergement web gratuit a une vraie utilité : tester WordPress, apprendre le back-office, valider une idée de site avant d’investir. Pour un projet sérieux, il devient un frein dès que vous touchez au SEO, à la sécurité ou aux performances. La bonne approche : démarrer gratuit pour apprendre, prévoir le budget de bascule (3 à 5 € par mois en mutualisé), et migrer dès que les visites dépassent quelques dizaines par jour. Vous économisez ainsi des semaines de frustration et vous gardez la main sur votre site.

Foire aux questions

Peut-on vraiment lancer un site WordPress sans payer un seul euro ?

Oui, via WordPress.com Free, InfinityFree, AwardSpace ou 000webhost. Vous obtenez un site fonctionnel mais avec des limites de stockage, de trafic et de fonctionnalités. Comptez sur ces offres pour apprendre ou tester, pas pour un projet professionnel.

Quelle différence entre WordPress.com gratuit et un hébergement WordPress.org gratuit ?

WordPress.com est une plateforme fermée : vous ne choisissez ni les plugins ni le thème, et des publicités sont affichées. WordPress.org installé sur InfinityFree ou AwardSpace vous donne le contrôle total du site, avec plugins et thèmes libres. La contrepartie : vous gérez vous-même les mises à jour et la sécurité.

Un hébergement gratuit suffit-il pour le SEO ?

Pour un site qui vise les premières positions Google, non. Le temps de réponse serveur est trop lent et l’absence d’IP dédiée plombe les Core Web Vitals. Un mutualisé à 3-5 € par mois change la donne dès que vous publiez régulièrement.

Y a-t-il des publicités obligatoires sur un hébergement WordPress gratuit ?

Sur WordPress.com Free, oui : Automattic affiche ses propres pubs sur vos pages. Sur InfinityFree, AwardSpace et 000webhost, non, vous restez maître de votre contenu. C’est un argument de poids si vous voulez monétiser ou conserver une image pro.

Peut-on brancher un nom de domaine personnalisé sur un hébergement gratuit ?

InfinityFree et AwardSpace acceptent un domaine perso sans surcoût, ce qui rend le site bien plus crédible. WordPress.com Free et 000webhost l’imposent uniquement sur leurs plans payants. Achetez votre domaine dès le départ : il vous suivra le jour où vous migrerez.

Que se passe-t-il si un hébergeur gratuit ferme mon compte ?

Sur les plans gratuits, la suspension peut tomber sans préavis (inactivité, dépassement de quotas, soupçon d’abus). Sans sauvegarde de votre côté, vous perdez tout. Installez UpdraftPlus ou un équivalent et exportez vos données vers Google Drive ou Dropbox au moins une fois par semaine.

Combien de temps peut-on rester sur un hébergement gratuit avant de migrer ?

Tant que vous restez sous 50 visiteurs par jour et que vous ne dépassez pas la bande passante allouée, vous pouvez tenir. Au-delà, vous croisez des erreurs 508 ou 503 et il devient urgent de basculer. Comptez 3 à 5 € par mois pour un mutualisé qui supportera plusieurs milliers de visites.

Comment migrer plus tard d’un hébergement gratuit vers un payant sans perdre son SEO ?

Trois étapes : exporter le contenu via Outils > Exporter dans WordPress, importer le fichier XML sur le nouvel hébergeur, puis poser des redirections 301 si la structure des URL change. Si vous aviez acheté votre nom de domaine dès le départ, la migration est quasi invisible pour Google et pour vos visiteurs.

Steve Chevillard

A propos de Steve Chevillard

Je suis responsable du numérique pour Philo éditions (Philosophie magazine, Sciences Humaines, Philonomist) et j'utilise WordPress depuis la fin des années 2000. J'ai créé astuceswp.fr en 2018 pour partager mon expérience et aider ceux qui veulent se lancer sur WordPress ou aller plus loin avec leur site. Je publie des tutoriels pratiques sur WordPress, l'hébergement, le SEO et les outils numériques, en essayant de rester le plus clair et accessible possible. Mon objectif : vous donner les clés pour être autonome sur votre site, sans vous noyer dans le jargon technique.