Pendant des années, installer une police sur WordPress voulait dire une de ces deux corvées : ajouter un plugin de plus, ou bidouiller du code dans votre thème. Depuis WordPress 6.5, c’est fini. La bibliothèque de polices, ou Font Library, vous laisse installer, activer et supprimer vos polices directement depuis l’éditeur, exactement comme vous gérez vos images dans la médiathèque. Et la fonction est toujours là dans WordPress 7.0.
Il y a une condition, et elle bloque pas mal de gens. Je vous explique laquelle, puis je vous montre comment ajouter une police Google ou la vôtre en quelques clics, sans plugin et dans le respect du RGPD.
L’essentiel à retenir ℹ️
La Font Library est le gestionnaire de polices intégré à WordPress depuis la version 6.5. Elle vous laisse installer, activer et supprimer vos polices depuis l’éditeur, sans plugin et sans code. Seule condition : utiliser un thème basé sur les blocs (avec un menu Éditeur). Les Google Fonts ajoutées sont téléchargées et hébergées en local, ce qui rend votre site conforme au RGPD et plus rapide. Vous pouvez aussi importer vos propres fichiers .woff2, .ttf ou .otf.
La Font Library, c’est quoi exactement ?
La Font Library est un gestionnaire de polices intégré nativement à WordPress depuis la version 6.5, sortie le 26 mars 2024. Son principe est simple : centraliser toutes les polices de votre site à un seul endroit, indépendamment du thème, et vous laisser les gérer sans toucher une ligne de code.
Concrètement, vous pouvez installer une police, l’activer pour l’utiliser dans vos titres ou votre texte, la désactiver, ou la supprimer. C’est la même logique que la médiathèque, mais pour la typographie. Plus besoin d’un plugin dédié dont vous dépendez pour une fonction que WordPress sait désormais faire tout seul.
Le prérequis qui coince : un thème basé sur les blocs
Voici le point qui arrête la moitié des gens. La Font Library n’est disponible que si votre site utilise un thème basé sur les blocs, ceux qui exploitent l’édition de site complète (Full Site Editing). Les thèmes par défaut récents comme Twenty Twenty-Four ou Twenty Twenty-Five en font partie, tout comme les versions modernes d’Astra, Kadence ou GeneratePress en mode blocs. Si vous hésitez encore sur votre thème, notre guide pour choisir un thème WordPress vous aidera à viser un thème à blocs dès le départ.
Comment savoir si vous y avez droit ? Regardez votre menu Apparence. Si vous voyez une entrée Éditeur, vous avez un thème à blocs, et la Font Library est disponible.

Si vous voyez plutôt Personnaliser, vous êtes sur un thème classique : dans ce cas, la fonction native ne s’affiche pas, et vous passez par les réglages de votre thème ou par un plugin. Pour aller plus loin sur ce panneau, voyez comment personnaliser le thème WordPress de votre site.
Ajouter une police Google sans plugin, pas à pas
Une fois sur un thème à blocs, l’opération prend deux minutes.
- Allez dans
Apparence > Éditeurpour ouvrir l’éditeur de site. - Ouvrez le panneau Styles, puis la section Typographie.

- Cliquez sur l’icône de gestion des polices pour ouvrir la bibliothèque de polices.

- Dans l’onglet Installer des polices, autorisez l’accès aux Google Fonts en cliquant sur le bouton proposé

- Cherchez votre police puis cliquez dessus pour accéder aux détails de la police Google Fonts à installer

- Sélectionnez les graisses et styles voulus (regular, bold, italique, etc.) puis cliquez sur Installer. La police rejoint votre bibliothèque et devient utilisable dans tout le site.

Le point qui compte vraiment pour vous : les Google Fonts installées via la Font Library sont téléchargées et hébergées en local sur votre serveur. Elles ne sont pas appelées depuis les serveurs de Google à chaque visite. C’est exactement ce que la CNIL et la justice européenne exigent pour rester conforme au RGPD, puisque l’adresse IP de vos visiteurs n’est plus transmise à Google. Vous gagnez sur deux tableaux : conformité et performance.
Ajouter votre propre police (.woff2, .ttf)
Vous avez acheté une police, ou vous devez respecter une charte graphique précise ? La Font Library accepte aussi vos fichiers. Dans la même fenêtre de gestion, choisissez l’onglet de téléversement, puis glissez vos fichiers de police.

Les formats web modernes comme woff2 sont à privilégier pour la légèreté et la rapidité de chargement ; les formats ttf et otf fonctionnent également.
Une fois le fichier importé, la police s’ajoute à votre bibliothèque au même titre qu’une Google Font, et vous l’activez d’un clic. Pensez à n’importer que les graisses dont vous vous servez réellement : chaque variante est un fichier à charger pour vos visiteurs.

Activer, désactiver, faire le ménage
La bibliothèque liste toutes vos polices à un endroit. Vous activez celles que vous voulez rendre disponibles dans l’éditeur, et vous désactivez ou supprimez celles qui ne servent pas. Mon conseil : faites le ménage régulièrement. Une police installée mais inutilisée reste un fichier sur votre serveur, et une bibliothèque encombrée finit par ralentir l’éditeur. Gardez le strict nécessaire, en général deux familles de polices suffisent à un site propre.
Pourquoi c’est mieux qu’un plugin
Le calcul est vite fait. La Font Library vous évite une extension de plus à installer, à maintenir et à surveiller côté sécurité, pour une fonction que WordPress gère désormais en natif. Elle héberge vos Google Fonts en local sans réglage supplémentaire, donc elle règle au passage un vrai sujet de conformité. Et elle est directement reliée au panneau Styles, ce qui rend l’attribution des polices à vos titres et paragraphes immédiate.
Si vous êtes sur un thème à blocs, désinstallez votre vieux plugin de gestion de polices et passez à la Font Library. C’est plus propre, plus rapide, et conforme par défaut. Le seul cas où un plugin garde du sens, c’est si vous êtes resté sur un thème classique : là, la fonction native ne s’affiche pas, et c’est peut-être le signe qu’il est temps d’envisager le passage aux blocs. La Font Library s’inscrit d’ailleurs dans la même logique que l’éditeur Gutenberg et des dernières nouveautés de WordPress 7.0 : tout gérer depuis l’éditeur, sans extension superflue.
Où sont stockés les fichiers de polices ?
Quand vous installez une police via la Font Library, WordPress télécharge les fichiers et les range dans le dossier wp-content/fonts de votre serveur. C’est ce stockage local qui garantit la conformité RGPD : aucune requête n’est envoyée aux serveurs de Google au moment de la visite. Pensez-y lors d’une sauvegarde ou d’une migration de site : ce dossier doit suivre, au même titre que wp-content/uploads. Si vous supprimez une police depuis la bibliothèque, ses fichiers sont retirés du serveur, ce qui garde l’ensemble propre.
Foire aux questions
La Font Library est intégrée nativement à WordPress depuis la version 6.5, sortie le 26 mars 2024. Elle reste présente dans les versions suivantes, jusqu’à WordPress 7.0.
Non. Elle n’apparaît que sur les thèmes basés sur les blocs, ceux qui proposent une entrée Éditeur dans le menu Apparence. Sur un thème classique avec l’option Personnaliser, la fonction native ne s’affiche pas.
Oui. Les polices Google installées par la Font Library sont téléchargées et hébergées en local sur votre serveur. L’adresse IP de vos visiteurs n’est plus transmise à Google, ce qui répond aux exigences de la CNIL.
Vous pouvez importer vos propres polices aux formats woff2, ttf et otf. Le format woff2 est à privilégier pour sa légèreté et sa rapidité de chargement.
Sur un thème à blocs, non : la Font Library remplace avantageusement un plugin dédié. Un plugin ne garde du sens que si vous restez sur un thème classique, où la fonction native n’est pas disponible.
Dans le dossier wp-content/fonts de votre serveur. Pensez à l’inclure dans vos sauvegardes et migrations, au même titre que le dossier des médias.
