L’essentiel à retenir ℹ️
Le prix affiché par un hébergeur est une remise de première année, pas un tarif. Sur trois ans, l’offre SiteGround à 2,99 € par mois revient à 396 € HT, quand Infomaniak, affiché à 5,75 €, coûte 207 € HT. Le seul chiffre qui compare honnêtement deux offres est le coût total sur trois ans, une année de promo puis deux au tarif de renouvellement. Infomaniak, WPServeur, Kinsta et o2switch Grow gardent le même prix d’une année sur l’autre. OVHcloud, Hostinger, SiteGround et o2switch Cloud multiplient le leur par 1,8 à 8,6.
Deux hébergeurs, deux prix affichés : 2,99 € par mois chez SiteGround, 5,75 € chez Infomaniak. Le premier est presque deux fois moins cher, c’est écrit en gros sur la page d’accueil. Sauf que sur trois ans, le premier vous coûtera environ 396 € et le second 207 €. Le moins cher à l’affichage est le plus cher à l’arrivée, et pas d’un peu.
Autant vous le dire tout de suite : ce site tourne chez o2switch, et l’offre d’appel d’o2switch passe de 1,86 € à 16 € par mois au renouvellement. Je ne vais donc épargner personne, mon propre hébergeur compris. Voici les tarifs relevés le 18 août 2026, prix d’appel contre prix de renouvellement, et la grille de lecture qui compte vraiment quand vous choisissez où poser votre WordPress.
Le prix affiché n’est pas le prix que vous paierez
Le mécanisme est simple et parfaitement légal. L’hébergeur affiche un tarif de première année très bas, parfois vendu à perte, puis applique son tarif normal au renouvellement. Vous avez signé, vos fichiers sont chez lui, votre base de données aussi, et changer d’hébergeur douze mois plus tard demande une demi-journée. Le calcul du vendeur est bon : la plupart des gens restent.
Deuxième levier, moins visible : la durée d’engagement. Chez Hostinger, le fameux « à partir de 2,99 € par mois » suppose un engagement de 48 mois payés d’avance, soit 143,52 € HT sortis en une fois. Sur douze mois, le tarif est nettement plus élevé. Le prix d’appel le plus séduisant est toujours celui de l’engagement le plus long.
D’où le seul indicateur qui permette de comparer honnêtement deux offres : le coût total sur trois ans, une année au tarif promotionnel puis deux au tarif de renouvellement. C’est ce chiffre que je calcule systématiquement avant de recommander un hébergeur, et c’est celui que vous ne trouverez sur aucune page de vente.
Tarifs des hébergeurs WordPress : prix d’appel contre prix de renouvellement
Tous les montants ci-dessous sont hors taxes et par mois, relevés le 18 août 2026 sur les grilles officielles quand elles publient le renouvellement, et sur des relevés récents quand elles le cachent. Les grilles bougent souvent : vérifiez avant de signer.
| Offre | Prix d’appel | Renouvellement | Écart |
|---|---|---|---|
| Infomaniak (entrée de gamme) | 5,75 € | 5,75 € | aucun |
| WPServeur (1 site) | 9,90 € | 9,90 € | aucun |
| o2switch Grow | 7,00 € | 7,00 € | aucun |
| Kinsta Starter | ~35 € | ~35 € | aucun |
| OVHcloud Perso | variable | 5,99 € | ×1,8 depuis mai 2026 |
| OVHcloud Pro | 1,99 € (1re année) | 9,99 € | ×5 |
| Hostinger Premium | 2,99 € (48 mois) | 9,99 € | ×3,3 |
| Hostinger Unlimited | 3,99 € (48 mois) | 16,99 € | ×4,3 |
| SiteGround StartUp | 2,99 € | ~14,99 € | ×5 |
| o2switch Cloud | 1,86 € (1re année) | 16,00 € | ×8,6 |
Trois familles se dégagent, et elles disent chacune quelque chose du modèle commercial de l’hébergeur.
Les tarifs stables : Infomaniak, WPServeur, Kinsta et l’offre Grow d’o2switch affichent le même prix la première année et les suivantes. Vous payez plus cher au départ, vous savez exactement où vous allez. Infomaniak en fait un argument commercial revendiqué, et c’est mérité.
Les écarts modérés : Hostinger multiplie par 3 à 4. C’est franc du collier dans un sens, le renouvellement est écrit noir sur blanc sous chaque offre, en petit mais lisible. Peu d’hébergeurs le font.
Et les écarts qui piquent : SiteGround multiplie par 5, o2switch Cloud par 8,6. Le « à partir de 1,86 € » qu’o2switch met en avant sur sa page d’accueil correspond à son offre Cloud, dont la deuxième année démarre à 16 €. Ce n’est écrit nulle part en gros, et je le dis d’autant plus tranquillement que c’est mon hébergeur et que j’en suis content par ailleurs.
La hausse OVH de mai 2026, celle que beaucoup n’ont pas vue passer
Un cas mérite qu’on s’y arrête, parce qu’il touche beaucoup de sites français. Le 1er mai 2026, OVHcloud a restructuré toute sa gamme d’hébergement web. Les tarifs de renouvellement sur douze mois ont bougé comme suit : Perso de 3,29 € à 5,99 €, Pro de 6,59 € à 9,99 €, Performance de 10,99 € à 19,99 €.
L’offre Perso a donc pris 82 % d’un coup, et Performance a presque doublé. OVHcloud met en avant en contrepartie des bases de données plus nombreuses, un passage au stockage SSD et des hébergements « jusqu’à 3 fois plus rapides » après le renouvellement d’infrastructure de 2025. Le geste commercial existait : renouveler avant le 1er juin 2026 permettait de conserver les anciennes conditions jusqu’à quatre années de plus. Si vous êtes chez OVH et que vous avez laissé passer cette fenêtre, regardez votre prochaine facture avant qu’elle ne vous regarde.
Un détail qui change le calcul : chez OVHcloud, le tarif de renouvellement dépend désormais de la durée souscrite. Perso revient à 5,99 € sur 12 mois, 4,49 € sur 24 mois et 3,99 € sur 48 mois, Pro à 9,99 €, 7,99 € puis 6,49 € selon la même logique. Si vous restez, l’engagement long absorbe une bonne partie de la hausse. Reste à accepter de payer jusqu’à quatre ans d’avance.
Le calcul qui renverse le classement
Reprenons les deux offres du début, sur trois ans, avec une année de promo puis deux années au tarif normal.
- SiteGround StartUp : (2,99 × 12) + (14,99 × 24) = 35,88 + 359,76 = 395,64 € HT
- Infomaniak : 5,75 × 36 = 207,00 € HT
- o2switch Grow : 7,00 × 36 = 252,00 € HT
- o2switch Cloud : (1,86 × 12) + (16,00 × 24) = 22,32 + 384 = 406,32 € HT
- OVHcloud Perso : 5,99 × 36 = 215,64 € HT
L’offre affichée à 2,99 € revient 91 % plus cher que celle affichée à 5,75 €. Et l’offre affichée à 1,86 €, la moins chère de tout le tableau, finit première du classement des plus coûteuses. Faites ce calcul sur un coin de nappe avant chaque souscription, ça prend deux minutes et ça vous évitera une mauvaise surprise dans treize mois.
Un rappel utile si vous n’êtes pas une entreprise : tous ces montants sont hors taxes. Un particulier paie la TVA à 20 %, donc les 207 € d’Infomaniak deviennent 248,40 € et les 395,64 € de SiteGround montent à 474,77 €. Les écarts ne bougent pas, la facture si. Regardez toujours la mention qui accompagne le prix affiché, HT ou TTC, parce que les hébergeurs alternent d’une page à l’autre.
Une nuance honnête pour finir sur les chiffres : payer plusieurs années d’avance fait souvent baisser la moyenne mensuelle, y compris chez les hébergeurs qui montent au renouvellement. C’est vrai, et c’est le pari que vous prenez. Vous immobilisez de la trésorerie sur un service que vous ne pourrez plus quitter sans perdre ce que vous avez payé.
Les cinq critères que le prix ne vous dira jamais
Le tarif règle une partie du problème. Voici ce que je regarde ensuite, dans cet ordre.
1. Les ressources réellement allouées, pas le mot « illimité »
« Espace disque illimité », « trafic illimité », « sites illimités » : ces mentions ne veulent rien dire, parce que la vraie limite est ailleurs. Ce qui fait tomber un WordPress, ce sont les threads CPU, la RAM, les entry processes (le nombre de requêtes traitées simultanément) et les entrées-sorties disque.
Très peu d’hébergeurs publient ces chiffres. o2switch le fait, ce qui mérite d’être salué : 8 threads et 16 Go de RAM sur Grow, 12 threads et 48 Go sur Cloud, 24 threads et 64 Go sur Pro. Quand un hébergeur refuse de communiquer ces valeurs, considérez que c’est parce qu’elles ne sont pas flatteuses. Posez la question au support avant de signer, la réponse vous en apprendra beaucoup, sur les ressources comme sur le support lui-même.
Ces ressources sont aussi ce qui encaisse les tâches de fond de WordPress. Un site qui déclenche ses tâches planifiées via WP-Cron à chaque visite consomme du CPU en permanence, et c’est exactement là que les offres d’entrée de gamme montrent leurs limites.
2. Le support testé, pas le support annoncé
Tout le monde annonce un « support 24/7 ». La question n’est pas de savoir s’il existe, mais qui décroche. Chez Hostinger, la première ligne est aujourd’hui un agent conversationnel, et il faut insister pour atteindre un humain. Ce n’est pas rédhibitoire pour un blog personnel. Ça l’est quand un site client est hors ligne un vendredi soir.
Petit conseil : avant de souscrire, ouvrez un ticket pré-vente avec une question technique précise. Le délai de réponse et la qualité de ce que vous recevez valent tous les avis clients du monde.
3. Où sont physiquement vos données
Deux enjeux ici. La latence d’abord : un serveur en France sert un visiteur français plus vite qu’un serveur aux Pays-Bas, et Google mesure ce délai. Le cadre juridique ensuite : o2switch, OVHcloud et WPServeur hébergent en France, Infomaniak en Suisse. Kinsta s’appuie sur Google Cloud et propose bien un centre de données à Paris, accessible sur toutes ses formules, donc la latence française n’est plus un problème. La réserve est juridique : l’infrastructure reste celle d’une entreprise américaine soumise au CLOUD Act, ce qui peut coincer si votre client impose un hébergement sous droit strictement européen au cahier des charges.
4. La migration, dans les deux sens
La migration entrante est gratuite à peu près partout, c’est un argument de vente. Regardez plutôt la sortie : pouvez-vous récupérer un dump SQL complet et une archive de vos fichiers sans passer par le support ? Avez-vous un accès SSH et WP-CLI ? Si la réponse est non, vous êtes chez un hébergeur dont vous ne partirez pas facilement, et il le sait.
5. Les sauvegardes, et surtout la restauration
Une sauvegarde qu’on n’a jamais restaurée n’est pas une sauvegarde, c’est une intention. Vérifiez trois choses : la fréquence (journalière au minimum), la rétention (o2switch conserve 30 jours sur Grow, ce qui est correct), et la possibilité de restaurer vous-même depuis le panneau, sans ticket ni supplément.
Ce point cesse d’être théorique le jour où une faille critique touche le cœur de WordPress et où vous devez revenir à l’état de la veille en quinze minutes.
Les frais que le prix mensuel ne couvre pas
Le tarif de l’hébergement n’est qu’une ligne de la facture. Le nom de domaine est souvent offert la première année, puis facturé entre 8 et 15 € par an, avec exactement le même mécanisme de renouvellement que l’hébergement. Les adresses e-mail professionnelles méritent aussi un coup d’œil : chez Infomaniak, l’offre à 5,75 € couvre le web seul, il faut passer sur la formule Web + Mail autour de 7,42 € par mois pour disposer de boîtes aux lettres.
Deux autres postes reviennent souvent. Le certificat SSL d’abord : il est gratuit partout via Let’s Encrypt, méfiez-vous d’une offre qui vous en vend un payant sans justification technique. La sauvegarde externalisée ensuite, parfois proposée en option mensuelle alors qu’elle devrait faire partie du service. Additionnez ces lignes avant de comparer deux offres, elles pèsent vite 30 à 50 € par an.
Ce que je recommande, selon votre situation
Vous lancez votre premier site. Prenez un tarif stable et arrêtez de chercher la promo. Infomaniak à 5,75 € ou o2switch Grow à 7 € vous coûteront moins cher sur trois ans que n’importe quelle offre à 2,99 €, et vous n’aurez pas à réviser votre budget dans un an. Entre les deux, o2switch pour l’illimité en nombre de sites et le support francophone réputé, Infomaniak pour le prix et la transparence.
Vous êtes freelance et vous gérez des sites clients. La question du prix passe au second plan derrière la réversibilité et le support. Il vous faut SSH, WP-CLI, des environnements de préproduction et un interlocuteur qui répond vite. o2switch Cloud ou WPServeur tiennent la route, WPServeur ajoutant l’infogérance complète pour ceux qui ne veulent pas gérer les mises à jour. Et quel que soit l’hébergeur, centralisez la supervision : je pilote tous mes sites depuis MainWP en version gratuite, ça change la vie quand on en suit une dizaine.
Vous avez du trafic ou une boutique. C’est le seul cas où je conseille de payer beaucoup plus. Kinsta autour de 35 € par mois apporte une infrastructure Google Cloud, Cloudflare Enterprise inclus et un tarif qui ne bouge pas. Vérifiez juste la localisation du centre de données que vous choisissez, et négociez l’annuel qui offre deux mois.
Et si votre budget est vraiment serré, Hostinger reste défendable pour un blog personnel, à une condition : signez en sachant que vous payez 143,52 € d’avance pour quatre ans et que la cinquième année sera à 9,99 € par mois. Ce n’est pas un piège si vous l’avez anticipé.
Les six questions à poser avant de signer
- Quel est le tarif exact au renouvellement, en euros hors taxes, pour cette offre précise ?
- Combien de threads CPU, de RAM et d’entry processes sont alloués à mon compte ?
- Les sauvegardes sont-elles restaurables par moi-même, depuis le panneau, sans supplément ?
- Ai-je un accès SSH et WP-CLI sur cette offre ?
- Dans quel pays se trouvent physiquement les serveurs ?
- Quelle est la durée d’engagement réelle derrière le prix affiché ?
Posez-les au support avant de payer, par écrit. Vous obtiendrez à la fois vos réponses et un aperçu du service que vous achetez.
Ce que j’en retiens
Trois réflexes à garder. Cherchez le prix de renouvellement avant le prix d’appel : s’il n’est écrit nulle part, c’est déjà une réponse. Calculez le coût sur trois ans, c’est le seul chiffre qui compare deux offres honnêtement. Et notez la date de fin de promotion dans votre agenda le jour où vous souscrivez, avec un rappel un mois avant : c’est votre unique fenêtre pour renégocier ou partir sans douleur.
Ma reco si je devais n’en garder qu’une : fuyez les offres à moins de 3 € par mois. Pas parce que l’hébergement bon marché serait mauvais, mais parce que ce prix-là n’existe pas. Il désigne une remise temporaire sur un service qui en vaut trois à cinq fois plus, et le seul effet réel de cette remise est de vous faire choisir sur un critère qui aura disparu dans un an. Payez le vrai prix tout de suite, chez quelqu’un qui vous l’annonce.
Transparence : astuceswp.fr est hébergé chez o2switch. Aucun hébergeur cité dans cet article ne m’a demandé d’y figurer, et les tarifs ont été relevés le 18 août 2026 sur les grilles publiques. Vérifiez-les avant de souscrire, ils bougent vite. Les liens vers o2switch sont affiliés, je toucherai une commission si vous souscrivez à une de leur formule via un des liens.
Foire aux questions
Ajoutez l’offre au panier et lisez le récapitulatif de commande, qui affiche presque toujours le tarif appliqué à l’échéance. Si l’information reste introuvable sur le site comme dans les conditions générales, posez la question au support par écrit et conservez la réponse.
Le plus souvent oui, en particulier chez les hébergeurs français qui s’adressent aux professionnels. Un particulier ajoute 20 % de TVA, ce qui transforme une offre à 5,75 € HT en 6,90 € réellement débités chaque mois.
C’est possible chez les hébergeurs qui laissent un humain gérer la relation client, en contactant le support une à deux semaines avant l’échéance. La demande passe mieux si vous citez une offre concurrente précise et si vous acceptez un engagement plus long.
Pas systématiquement. Comparez le surcoût annuel au temps que demande une migration, environ une demi-journée pour un site simple, et vérifiez que la nouvelle offre ne cache pas elle aussi une promotion de première année.
OVHcloud a restructuré sa gamme au 1er mai 2026 en annonçant deux fois plus de puissance de calcul, un passage au stockage SSD et davantage de bases de données. Le tarif Perso sur douze mois est passé de 3,29 à 5,99 € HT par mois, soit 82 % de hausse.
Sur la base des tarifs relevés en août 2026, Infomaniak arrive en tête avec 207 € HT, devant OVHcloud Perso à 215,64 € et o2switch Grow à 252 €. Les offres affichées sous 3 € par mois se retrouvent en fin de classement une fois le renouvellement intégré.
Non, la qualité technique n’est pas en cause. Le problème tient au fait que ce prix n’existe que pendant la promotion : il vous fait choisir sur un critère qui aura disparu au bout d’un an.
